EXPLICATIONS SUR LES SOINS

Mal de dos, mal du siècle ? Pas que pour nous !

Vous pensez que votre cheval n’a pas mal au dos ? Vous n’êtes pas le seul ! Problème : près de la moitié d’entre vous se trompent…

Une étude sur la santé du dos des chevaux en Suisse…

En Suisse une étude est en train d’être menée par le Docteur Michael Weishaupt sur la santé du dos des chevaux… Voici une synthèse des éléments essentiels, et à mon sens surprenants :

  • 250 cavaliers, ayant en moyenne 25 ans d’expérience, déclarent au préalable leurs chevaux en bonne santé, sans problèmes et prêts à fournir des performances

Les chevaux sont ensuite analysés par des vétérinaires et professionnels sous toutes les coutures : orthopédie, chiropraxie, radio, écho, selle… résultat:

  • « sensibilité à la douleur moyenne à accrue » lors de l’examen du dos = 33% des chevaux
  • modifications des apophyses épineuses de degrés légers à élevés (et donc limitation du mouvement) = 45% des chevaux
  • modifications arthrosiques faibles à élevées des vertèbres de la partie basse de l’encolure = 52%, sous la selle ou en région lombaire = 38%
  • faibles boiteries lors de la présentation en main = près de 50% des chevaux

Pour rappel, ces chevaux ont été déclarés en bonne santé par leurs cavaliers (qui sont pour la plupart expérimentés) !

Concernant les selles, si près de la moitié des cavalières ne la font pas contrôler régulièrement, ils sont 50% à estimer que leur selle est idéale pour leur cheval, 46% la pensent assez bien adaptée.

  • Dans les faits, après le contrôle de professionnels : seules 10% des selles étaient parfaitement adaptées aux chevaux (aucun défaut, même mineur).

… et en France         

Ces données sont plutôt cohérentes avec une étude française de 2013 sur les maux de dos de 161 chevaux de clubs répartis dans 17 centres équestres : les propriétaires avaient déclaré seulement 19 chevaux souffrant du dos (soit 12%), après examen ils étaient en réalité 80 (soit 50%) !!!

Anecdote intéressante, la plupart des clubs ont sous-évalué la douleur de leurs chevaux, mais certains l’ont au contraire surévaluée : ceux qui l’avaient surévaluée étaient les clubs dans lesquels il y avait moins de chevaux en souffrance.

Il apparait donc clairement que l’évaluation de la douleur de nos chevaux est difficile, même pour des professionnels qui les côtoient tous les jours…

Et on fait quoi de tout ça?

Avant toute chose, un cheval qui a mal montre toujours des signaux, mais ils sont parfois extrêmement subtils ou furtifs : prenez le temps de l’observer, regardez ses yeux, ses naseaux, ses frémissements, ses accélérations du rythme respiratoire …

Quelques indicateurs tangibles d’éventuelles douleurs dorsales :

  • Baisse de performances (pas systématique, parfois le cheval souffre mais ses performances restent stables), de motivation,
  • Dissymétries, allures étriquées, incurvation difficile d’un côté,
  • Cheval campé au repos, qui soulage toujours le même postérieur, qui porte sa queue de travers,
  • Refus de coopérer, de répondre aux aides pourtant acquises,
  • Signes de refus ou d’agression lors du pansage ou du sanglage,

Ne vous affolez pas pour autant : tous les chevaux ne sont pas souffrants, boiteux, en dorsalgie et avec une selle inadaptée…cela dit, il y en a quand même beaucoup, beaucoup trop, et surtout beaucoup plus que ce que croient leurs propriétaires !

Être vigilant aux signaux d’inconfort, et faire régulièrement contrôler son animal et son dos à un professionnel sont de bonnes manières de s’assurer d’une absence de douleurs et de son bien-être. Bien entendu, le massage est une excellente option pour prendre soin du dos de votre compagnon.


Sources:

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