EXPLICATIONS SUR LES SOINS

On y va franco pour masser un cheval, non ?!

C’est une question qu’on m’a assez souvent posé : la bête est plus volumineuse que nous, supporte sans broncher un coup de cravache, et il parait qu’elle a « la peau épaisse »… est-ce qu’un cheval « ne sent pas grand-chose » pour autant ?

Halte aux idées reçues

De manière très simplifiée, la peau (la sienne et la nôtre) est constituée de plusieurs « couches », dans l’ordre l’épiderme (la plus superficielle, dont on nous parle sur les pots de crème hydratante), la jonction dermo-épidermique, le derme (celle qui nous intéresse) puis l’hypoderme. Chaque couche a une fonction.

Chez le cheval l’épiderme est un peu plus fin que chez l’humain (0,05 mm pour lui 0,08 mm pour nous). L’épiderme, entre autres, sert d’enveloppe de protection, une sorte de « barrière » entre l’extérieur et l’intérieur du corps.

Le derme quant à lui est en effet bien plus épais chez le cheval : 3.2 mm pour lui, contre 2.4 mm pour nous. Le derme contient les récepteurs nerveux sensitifs, ceux qui permettent de sentir la pression, la douleur, le chaud, le froid…

En réalité, ce n’est pas « la peau » du cheval qui est plus épaisse que celle de l’humain, mais son derme !

Il a donc davantage de récepteurs nerveux que nous. Grâce à ces récepteurs nerveux, sa sensibilité tactile est largement supérieure à la nôtre. En clair, par le toucher, on atteint « sa douleur » avant de d’atteindre la nôtre (la résistance à la douleur pourrait faire l’objet d’un autre article).

Pour le constater « en vrai », faites un test : posez un cheveu à la verticale sur la pulpe de votre index (zone très innervée chez nous), vous ne le sentirez pas. Faites de même sur le dos de votre cheval, il va frissonner !

Non, on n’y va pas « franco »

Conclusion de tout ça : la pression lors d’un massage n’a pas systématiquement besoin d’être forte, et elle n’est pas proportionnelle à la taille de la bête !

Certains chevaux aiment le contact franc et appuyé (c’est le cas de celui de la photo), mais d’autres (la plupart en fait) ont besoin de délicatesse, ou en tout cas de pression très progressive, pour que le massage soit efficace et les tensions dissipées (c’est en général le cas s’ils sont âgés ou si les tensions sont très fortes et douloureuses).

Le meilleur indicateur restera toujours son comportement et ses indications, qui pour le coup sont parfois très subtiles !

Note : c’est pour ça qu’on entend de plus en plus que pour le féliciter, une caresse le long de l’encolure est suffisante et préférable à des grandes claques pleines d’enthousiasme (seulement humain, l’enthousiasme 😉 ). Quant à la non-réponse à la cravache, il s’agit plutôt d’un problème d’apprentissage que d’insensibilité.