cheval effrayé
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La désensibilisation du cheval

Le cheval est une proie, une espèce qui a survécu pendant des millions d’années grâce à sa fuite efficace face aux prédateurs…en conséquence, le cheval a peur, souvent, de beaucoup de choses. La désensibilisation est une manière efficace de l’aider à dépasser ses peurs, mais elle doit être bien menée, sinon c’est exactement l’effet inverse de celui recherché qui va se produire : il aura encore plus peur (et un peu moins confiance en nous !).

Définitions

Chez certains auteurs, la désensibilisation est différenciée de l’habituation (expliquée ici dans les processus d’apprentissage du cheval) : en effet, la désensibilisation suppose qu’il y ait eu sensibilisation au préalable. Dans notre cas la différence importe peu, vu que la méthode sera la même. Par commodité nous allons garder le terme « désensibilisation », généralement plus connu des cavaliers, qui va donc consister à apprendre au cheval à ne pas réagir à un stimulus, dans notre cas un stimulus effrayant.

Concept

Le concept est simple, mais doit être scrupuleusement respecté : il s’agit d’augmenter progressivement et de manière répétée l’intensité du stimulus, à la distance à laquelle le cheval ne montre aucun inconfort, et en s’approchant progressivement tout en restant toujours sous le seuil de tolérance du cheval.

Nous allons prendre l’exemple du cheval qui a peur d’une poubelle :

  • il s’agit d’augmenter progressivement et de manière répétée l’intensité du stimulus => on commence donc avec une approche LÉGÈRE de la poubelle (c’est-à-dire : ne pas lui mettre de force la tête dans la poubelle ! ni arriver avec un cardio à 200bpm…), mais on le fait très fréquemment (par exemple, tous les jours, ou 2 fois par jour, ou 10 fois par jour)
  • à la distance à laquelle le cheval ne montre aucun inconfort => pour commencer on va donc se positionner là où le cheval est bien, c’est-à-dire à 5 mètres ou 100 mètres de la poubelle selon ses réactions,
  • et en s’approchant progressivement tout en restant toujours sous le seuil de tolérance du cheval => quand il commence à avoir peur, on est déjà trop près, il faut donc s’efforcer de sentir au mieux le moment où il va commencer à avoir peur, et s’en contenter. Au fur à mesure des essais, la distance avec la poubelle sera de plus en plus petite (selon les chevaux, ça peut aller très vite !)

Si on s’approche trop près, il va avoir peur, et c’est l’effet inverse qui va se produire à savoir la sensibilisation (et le souvenir que oui, une poubelle, ça fait peur)…cela dit toute erreur se rattrape.

Bien évidemment le concept est duplicable à l’infini, sur des objets fixes, mobiles, devant, derrière, dessus ou sous lui !

La désensibilisation par masquage

Une autre manière de désensibiliser, moins connue, est d’utiliser le masquage : en résumé, distraire son attention sur autre chose, pour le faire approcher plus vite de la poubelle.

Dans ce cas : on commence par s’assurer qu’on a un contrôle des mouvements du cheval avec un stimulus (avancer, reculer), le cheval doit y être très sensibilisé et réactif (léger).

Il s’agit ensuite de présenter au cheval 2 stimulus : le premier est donc ce stimulus qui contrôle le cheval (exemple : la traction sur le licol pour qu’il avance), et le second est le stimulus objet de la désensibilisation (la poubelle).

On demande au cheval les mouvements choisis, avec le stimulus effrayant (la poubelle) à distance acceptable (c’est-à-dire sous le seuil de tolérance du cheval), le cheval va être un peu moins réactif au stimulus de contrôle (la traction sur le licol) puis à force de répétition va retrouver sa légèreté, on pourra alors rapprocher davantage le stimulus effrayant (progressivement), il sera à nouveau moins réactif puis retrouvera sa légèreté, etc…jusqu’à obtenir une légèreté avec une grande proximité avec le stimulus effrayant.

Cette méthode permet une désensibilisation plus rapide que sans le masquage, et se base sur le principe de saillance, c’est-à-dire qu’en appliquant 2 stimulus, l’intensité de l’un (le contrôle) permet de diminuer l’intensité de l’autre (la poubelle et la peur qu’elle inspire), le cheval ne pouvant pas se concentrer sur les deux en même temps, son attention est en quelque sorte « captée » par le stimulus de contrôle.

En revanche il faut être très prudent et s’assurer que le stimulus de contrôle est plus important pour le cheval que la peur de la poubelle (ce pourquoi on reste toujours sous le seuil de tolérance du cheval), sinon on va au contraire le désensibiliser au stimulus de contrôle, qu’il ne pourra pas écouter vu qu’il aura trop peur de la poubelle.


Sources

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