anthropomorphisme
Découvrir son intelligence

Qu’est ce que l’anthropomorphisme et en quoi est-ce un problème ?

Quelques définitions pour commencer…

L’anthropomorphisme

C’est une attitude humaine qui consiste à attribuer à un animal des réflexions ou comportements humains (entre autres), ce qui est problématique voire grave quand cette interprétation abusive est faite aux dépends de l’animal, et impacte négativement son bien-être.

La différence entre comportement indésirable et trouble du comportement :

Un comportement indésirable est un comportement normal, fonctionnel du cheval, un composant naturel de son éthogramme (= la liste de ses comportements naturels, « de base »), qui n’est pas souhaité par son propriétaire ou son cavalier.

Il faut le dissocier d’un trouble du comportement qui, quant à lui, est un comportement anormal du cheval au vu de son éthogramme en milieu naturel (par exemple : tiquer à l’appui, c’est quelque chose qu’un cheval sauvage ne fait pas, il n’a pas été « programmé » pour ça en quelque sorte).

Concrètement …

Concrètement, on peut par exemple être confronté à un cheval qui s’enfuit à l’autre bout de son pré à la vue de son cavalier armé d’un licol.

Une explication anthropomorphique que l’on peut parfois entendre à ce sujet est que « le cheval fait exprès de faire courir son cavalier dans le pré, d’abord parce que ça l’amuse beaucoup et ensuite parce qu’il se venge de son cavalier qui a oublié de lui amener des pommes hier ».

Sachant que :

  • d’une part que le cheval n’a a priori pas un sens de l’humour machiavélique scientifiquement prouvé,
  • d’autre part que le cheval a besoin de contiguïté temporelle pour apprendre, c’est-à-dire qu’il lui faut un « cause à effet » rapide (4 secondes) pour apprendre,

Une explication fonctionnelle de ce comportement pourrait être qu’il a sans doute appris, par conditionnement opérant en renforcement négatif, que la fuite du cavalier permettait d’éviter l’inconfort à venir, par exemple l’éloignement des congénères ou la claque sur le nez consécutive au fait qu’il ne s’est pas laissé attraper.

Autre exemple, un cheval peut, tétanisé, refuser d’avancer en balade, sans raison apparente pour son cavalier.

Une explication anthropomorphique que l’on entend parfois à ce propos est que « le cheval fait semblant d’avoir peur parce qu’il est feignant et qu’il ne veut pas aller balader ».

Sachant que :

  • les capacités sensorielles du cheval diffèrent considérablement des nôtres,
  • le cerveau du cheval ne lui permet (mal ?)heureusement pas de simuler un comportement de peur, ou de flemme, concept totalement hors de sa portée,

Une explication fonctionnelle de ce comportement pourrait être qu’il a vu ou entendu un stimulus effrayant, détectable (détecté ou pas) ou indétectable par son cavalier, et que l’instinct de fuite inscrit dans son génotype lui dicte de fuir, ce que son cavalier lui refuse, entrainant une grande panique chez le cheval.

Il est important de garder à l’esprit que la peur et la douleur sont les principales causes des problèmes que nous rencontrons avec les chevaux, et les rechercher doit être un des premiers pas dans la recherche de compréhension des réactions surprenantes de nos partenaires quadrupèdes.


Sources:

  • Zeitler-Feicht, M. H. (2012). Manuel du comportement du cheval (C. Lelong, trad.). France : Ulmer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *