cheval qui ouvre une mangeoire
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Les processus d’apprentissage chez le cheval

L’apprentissage est l’acquisition d’un comportement, basé sur l’expérience. Pour communiquer au mieux avec les chevaux, et ne pas générer de frustrations ou d’incompréhensions, il est nécessaire de connaître et comprendre leur manière d’apprendre.
Le cheval apprend tout au long de ses journées et de sa vie, de différentes manières, que l’on classe généralement selon si l’apprentissage est associatif ou pas. Voici les principales :

L’apprentissage non associatif 

Un apprentissage non associatif est un apprentissage qui se manifeste par l’augmentation ou la diminution des réponses à un stimulus.

L’habituation

Comme son nom l’indique, l’habituation consiste à ce que le cheval s’habitude à quelque chose, et ne réagisse plus (ou moins) lorsqu’il y est confronté : on parle d’atténuation ou de disparition d’une réponse à un stimulus.

  • Plus la réaction de base est faible (stimulus pas trop effrayant), plus l’habituation est rapide.

Par exemple, le cheval sent un cavalier débutant gigotter au-dessus de lui : il va finir par s’y habituer et ne plus montrer aucune réaction : il a appris qu’il n’était pas nécessaire d’utiliser son énergie à faire quelque chose, car le gigottage ne cesse pas.

Proche du phénomène d’habituation, la désensibilisation en pratique est expliquée ici.

La sensibilisation

La sensibilisation est l’inverse de l’habituation, elle consiste à ce que le cheval réagisse de plus en plus fort à quelque chose : on parle d’augmentation d’une réponse à un stimulus.

  • Si l’expérience inclut une grande peur ou une grande douleur, la sensibilisation sera très rapide.

Par exemple, le cheval prend un coup de cravache soudain, il a eu peur et mal, il est sensibilisé à la cravache et, selon son tempérament, pourra montrer des réactions disproportionnées rien qu’à la vue de la cravache.

L’apprentissage associatif ou conditionnement

L’apprentissage associatif, comme son nom l’indique, est le résultat d’une association entre deux éléments. Il existe deux sortes d’apprentissage associatif chez le cheval.

Le conditionnement classique ou Pavlovien

Le conditionnement classique, aussi appelé Pavlovien (en référence à Ivan Pavlov qui a mis en lumière le concept), correspond à l’acquisition d’un comportement suite à la création d’un lien entre deux évènements.

Par exemple, le cheval entend le mot « bien », ce mot n’a aucune signification pour lui (= « un stimulus neutre »),
mais à chaque fois qu’il l’entend, le mot « bien » est suivi d’une carotte (= « un renforcement primaire »),
il apprend alors à apprécier le mot « bien », qui devient quelque chose d’agréable pour lui (= « un stimulus conditionné ou renforcement secondaire»), il peut s’agiter lorsqu’il l’entend, à la recherche de sa carotte.

  • On a donc l’acquisition d’un comportement (s’agiter) suite à la création d’un lien entre deux évènements (entre « bien » et avoir une carotte).

Le conditionnement opérant ou Skinnérien

Le conditionnement opérant, aussi appelé Skinnérien (en référence à BF Skinner qui a mis en lumière le concept), correspond à l’acquisition d’un comportement suite à la création d’un lien entre son propre comportement et sa conséquence.

Par exemple, le cheval apprend que s’il fait une révérence, il aura une carotte, il va alors être très motivé à réaliser la révérence, comportement qui lui permet d’obtenir sa carotte.
Autre exemple, le cheval apprend que lorsqu’on lui tapote sur la jambe, s’il fait une révérence, les tapes s’arrêtent, il va donc faire une révérence dès qu’on lui tapote la jambe, car il sait que ce comportement interrompt les tapes.

Importance de la conséquence du comportement

Rappel : nous sommes dans le cas où le cheval acquiert un comportement car il a appris qu’il existait un lien entre son propre comportement et une conséquence.

Ce qui est capital dans le conditionnement opérant (dont on se sert le plus souvent pour apprendre des choses aux animaux), c’est cette conséquence, car c’est elle qui est à l’origine de l’apprentissage du comportement, et qui détermine aussi ‘état d’esprit de l’animal face à l’apprentissage. Elle peut être de plusieurs types :

Le renforcement positif ou R+

Le renforcement positif correspond à l’ajout d’une conséquence plaisante pour le cheval, suite à un comportement qu’on veut maintenir.

Par exemple, le cheval reçoit un bonbon lorsqu’il se met au pas : on ajoute un élément plaisant quand le cheval exécute ce qu’on lui demande, ce qui le motive à reproduire ce comportement.

  • Renforcement positif = ajout d’une récompense (bonbon)

Le renforcement négatif ou R-

Le renforcement négatif correspond au retrait d’un élément déplaisant pour le cheval, suite à un comportement qu’on veut maintenir.

Par exemple, le cheval sent une pression de mollet contre son ventre, il sait que s’il avance, la pression cesse, il va donc avancer pour arrêter cette pression : on retire l’inconfort quand le cheval exécute ce qu’on lui demande, ce qui le motive à reproduire ce comportement.

  • Renforcement négatif = retrait d’un inconfort (pression des jambes),

La punition positive ou P+

La punition positive correspond à l’ajout d’un élément déplaisant pour stopper un comportement.

Par exemple, malgré notre demande d’avancer, le cheval ne bouge pas, il reçoit un coup de cravache, ce qui le motive à ne plus reproduire le comportement « ne pas avancer ».

  • Punition positive = ajout d’un inconfort (coup de cravache),

La punition négative ou P-

La punition négative correspond au retrait d’un élément plaisant pour stopper un comportement.

Par exemple, lorsqu’on amène un seau de grain au cheval, il essaie de mordre : on retire le seau de grain, ce qui le motive à ne plus reproduire le comportement « mordre » qui est synonyme de « retrait des grains ».

  • Punition négative = retrait d’une récompense (retrait du seau de grains).

Autres notions importantes

Le renforçateur peut être primaire (nourriture, confort) ou secondaire (caresse préalablement associée à de la nourriture, cri associé à un coup de cravache). La motivation de l’animal lui permet d’exprimer ses comportements par ordre de priorité, les renforçateurs vont permettre de faire évoluer ses ordres de priorité.

Pour que l’apprentissage du cheval soit efficace, certaines notions temporelles sont importantes :

  • Les capacités de concentration d’un cheval sont de l’ordre de 20 minutes d’affilée (10 minutes pour les jeunes).
  • Le principe de contiguïté doit être respecté : la conséquence d’un comportement doit immédiatement (maximum quelques secondes) le suivre, elle ne doit pas être différée dans le temps.
  • Le principe de contingence doit être respecté : la probabilité d’avoir une récompense à la suite d‘un comportement doit être supérieure à celle de ne pas en avoir.

L’apprentissage est également influencé par le contexte dans lequel il a lieu, mais aussi par le tempérament du cheval ainsi que le niveau de stress présent avant, pendant et après l’apprentissage.

Attention ! Il est capital de comprendre que tout comportement non souhaité chez le cheval résulte d’un mauvais apprentissage ou d’une peur/douleur, et en aucun cas d’un supposé problème hiérarchique entre l’humain et le cheval, ni d’une moquerie du cheval, dont le cerveau n’en est (mal?) heureusement pas capable !


Sources:

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