Santé

Pourquoi vous ne devriez pas utiliser de collier anti-tic sur votre cheval

Le collier anti-tic est préconisé par ses distributeurs afin d’empêcher le cheval de réaliser les stéréotypies orales suivantes : le tic à l’appui et le tic à l’air.

Un cheval qui tique à l’appui pose ses incisives sur un support et fait entrer de l’air dans son œsophage en contractant les muscles pharyngiens et de l’encolure. Il peut émettre un bruit rauque qui ressemble à un rot. Un cheval qui tique à l’air réalise la même chaine comportementale mais sans prendre appui sur un support.

Pourquoi le cheval tique?

Les facteurs prédisposants à ces deux tics sont d’une part les conditions de vie (alimentation, logement, contacts sociaux, stimulations inadaptés) et de manipulation (utilisation, notamment course, dressage et complet), et d’autre part les prédispositions génétiques et familiales.

Leurs déclencheurs sont liés à une hausse de l’excitation (distribution de nourriture, sorties au paddock).

Ces tics sont l’expression d’un mal être (actuel mais aussi passé dans la mesure où leur éradication est très difficile, particulièrement si le tic était installé depuis longtemps).

Ils permettent au cheval de supporter sa condition captive, en abaissant son niveau de stress, en diminuant son rythme cardiaque et en entraînant la sécrétion d’endorphines.

Pourquoi il est mauvais de l’en empêcher?

Certains distributeurs proposent donc des colliers anti-tic, qui empêchent mécaniquement l’animal de tiquer. Ces colliers sont particulièrement néfastes au bien-être du cheval :

  • le fait de l’empêcher de tiquer n’enlève en aucune cas son mal être, ni son envie de tiquer,
  • au contraire, le fait d’empêcher le cheval de tiquer va entraîner une hausse de son niveau de cortisol (stress), de sa frustration,
  • va créer un effet rebond si toutefois le cheval était libéré de son collier,
  • collier qui par ailleurs n’empêche pas toujours le cheval de tiquer,
  • et risque surtout de faire apparaître d’autres tics : le cheval ne supportant toujours pas sa condition captive, il développera très probablement un autre tic.

Pour les mêmes raisons d’autres solutions tout aussi fantasques sont à proscrire : utilisation de clôtures électriques, administration de sédatifs, suppression de tous les supports, opération de Forrsell (risquée par ailleurs), piercings, etc…

Alors que faire?

De fait, la seule solution consiste à s’assurer que les conditions de vie sont optimisées et répondent bien aux besoins du cheval  :

  • Alimentation en permanence via du fourrage grossier et varié, si possible sans granulés,
  • Diminution du temps passé au box à son minimum (voire abolition du box),
  • Possibilité d’interactions sociales,
  • Possibilité d’exercice libre et sans contraintes,
  • Stimulations de l’environnement,
  • Diminution du niveau d’excitation lorsqu’il apparaît (par exemple distribution automatisée synchrone de nourriture)

Dans le cas du tic à l’appui, il faudra également être vigilent au support sur lequel le cheval s’appuie, pour qu’il ne s’abime pas les dents (choisir un support tendre type cuir, barre rembourrée ou bois).

Si toutes les conditions de vie sont réunies, et que le cheval est suffisamment stimulé, il est possible que le cheval ait été victime d’un mal être dans son passé, et qu’il ait appris à trouver un certain apaisement dans la production de son tic : il faudra alors apprendre à accepter le tic de son cheval, qui ne partira probablement jamais.  L’ostéopathie ou d’autres approches corporelles pourront éventuellement aider dans l’apaisement des blocages et douleurs musculaires que peuvent provoquer les tics.


Sources :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *