cheval qui galope
Comprendre ses émotions

Un contexte propice à une belle relation avec son cheval

Plusieurs composantes peuvent permettre d’établir une relation positive avec son partenaire équin. Le fait de favoriser les émotions positives dans la relation, et donc d’éviter au maximum les expériences aversives, et lui donner la possibilité de faire des choix, en font partie.

Favoriser les émotions positives

Une bonne relation se construit au quotidien, sur la base d’interactions positives. De fait il est important de les favoriser au maximum, et de compenser les interactions négatives inévitables (vermifuges, vaccins) par des interactions positives (distribution de nourriture, grattage aux endroits appréciés…)

Au pansage par exemple, un ressenti émotionnel négatif très fort peut être observé : menaces, contractions. Il est important d’être attentif à son cheval et à ses réactions (notamment expressions faciales) lors du pansage afin de lui faire apprécier l’expérience : insister sur les zones où le cheval manifeste des signes de confort et y passer plus de temps, diminuer la pression sur les zones qui sont à l’origine de manifestations d’inconfort. C’est une manière accessible à tout un chacun de non seulement améliorer le bien-être du cheval, mais aussi sa perception de l’humain, et la facilité des interventions ultérieures.

Le toilettage sur les zones préférentielles du corps, la consommation d’aliments appétents et les comportements sociaux positifs entre individus familiers peuvent induire des émotions positives. Emmener son cheval brouter ou lui faire un massage est une manière facile d’associer l’humain à des expériences positives.

Globalement, il semble que la familiarité, l’habituation, la prévisibilité, la possibilité de contrôle et d’adaptation aux évènements aient un impact positif sur les émotions du cheval, tout comme leur caractère agréable (renforcement positif). En revanche les évènements soudains, non familiers, imprévisibles, désagréables (punitions, surtout si non comprises et imprévisibles) entraînent des émotions négatives chez le cheval.

Lui donner la possibilité de faire des choix

L’absence de contrôle de l’environnement peut donc conduire à des problèmes de bien être, et déboucher sur les problèmes de comportement. La possibilité de faire des choix participe au contrôle de l’environnement.

Or, le cheval est capable de faire des choix et de les exprimer si on lui en offre l’opportunité : une étude norvégienne a par exemple démontré la capacité des chevaux à discriminer des symboles visuels afin d’exprimer leur choix de mettre, garder, enlever ou rester sans leur couverture.

Lorsque c’est applicable, il peut être intéressant d’exercer son cheval à un système de choix tel que présenté ci-dessus afin de pouvoir lui donner la possibilité d’exprimer ses préférences.

Une autre manière de l’interroger peut être d’utiliser des tests de biais cognitifs afin de déterminer son optimisme ou son pessimisme, et donc sa perception et son niveau de bien-être dans son environnement.

Par ailleurs, plusieurs études ont été menées sur les différentes préférences des chevaux. Par exemple, dans le cadre de chevaux détenus en écurie, la diffusion de musique impacte le comportement des chevaux, ainsi la musique country semble avoir un effet relaxant, le classique semble neutre, et le rock et le jazz semblent provoquer une agitation.

Autre exemple, les chevaux semblent préférer être grattés plutôt que de recevoir des tapes amicales (comme on le fait parfois pour féliciter un cheval qui vient d’accomplir un exercice).

Ces connaissances peuvent être utilisées, en tenant compte des préférences individuelles, afin d’améliorer les conditions de vie du cheval et lui donner l’opportunité de faire des choix sur ce qui les compose.

Que faire quand il est débordé ?

Un dernier aspect, en ce qui concerne la diminution des expériences aversives, est la prise en compte des inévitables réactions de peur, d’anxiété ou d’agressivité du cheval lorsqu’elles se présentent.

Toute mauvaise réaction face à une peur du cheval va décupler celle-ci, pouvant potentiellement rendre le cheval dangereux pour lui-même et son entourage. Le premier aspect sera donc la prévention : d’une part, éviter les gestes brusques, de provoquer des situations à risque (surprendre un cheval en arrivant derrière lui) et les situations explosives, et d’autre part être très attentif aux signaux envoyés par le cheval afin d’anticiper ses réactions.

En cas de confrontation effective à une réaction de peur ou d’agressivité de la part de son cheval, une fois la douleur écartée, on pourra utiliser l’un des procédés d’apprentissages décrits ici afin de générer chez son cheval une augmentation de son seuil de réaction et/ou une nouvelle réponse comportementale à l’évènement stressant, dans le respect de son seuil de tolérance.


Sources :

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